L’illusion de la visibilité : pourquoi la compétence ne suffit plus

Pourquoi la compétence devient invisible sans structure ? Un regard lucide sur la visibilité, les jeux de pouvoir et l’illusion du mérite dans les organisations.

JE ME LANCE !

Maya

1/12/20263 min read

On nous rabâche que le travail acharné paie toujours, que la rigueur et la fiabilité sont les clés d'une reconnaissance méritée.

Belle utopie. Dans la réalité des entreprises et de l'entrepreneuriat, cette croyance est une illusion coûteuse. Elle mène droit dans le mur de l'invisibilité, surtout quand on navigue dans un environnement saturé de jeux sociaux, d'ambivalences et de rapports d’intérêt.

Le paradoxe de l’excellence silencieuse

Le constat est brutal : ce ne sont pas toujours les plus compétents qui avancent, mais ceux qui maîtrisent l’art de se rendre visibles, et surtout, les codes complexes de la politique interne.

Pendant que les teneurs de baraque s’épuisent dans l’ombre, d’autres récoltent la lumière. Souvent au détriment de la substance.

Le paradoxe est cruel : plus on est bon, plus on devient irremplaçable. Et par conséquent… statique.

L’expert discret est maintenu dans son rôle essentiel, celui qui fait tourner la machine. Si l’on cesse de gérer, tout s’écroule. Alors on le garde là où il est. Pendant que ceux qui maîtrisent l’art de la façade s’envolent vers des postes plus visibles, plus valorisés, parfois moins exigeants sur le fond.

À quel prix pour celui ou celle qui est devenu “indispensable” ?

L’image, cet écran de fumée

Cette logique ne se limite plus aux murs des bureaux. Elle s’expose désormais au grand jour.

L’actualité de ce début d’année 2026 en offre une illustration frappante. Des groupes, pris la main dans le sac pour des aides publiques indûment perçues, ont transformé la restitution de millions d’euros en un “don” présenté comme citoyen et volontaire.

Le récit prend alors le pas sur la réalité. Une faille de gestion devient un coup d’éclat narratif.

L’image n’est plus un outil au service de la transparence. Elle devient un écran de fumée.

Dans une culture où l’image prime, les valeurs s’inversent : ce qui ne se voit pas n’existe pas. Et ce qui se voit peut masquer ce qui ne va pas.

Quand la structure fait défaut, la compétence s’efface

J’ai observé ce mécanisme tout au long de mon parcours d’avocate puis de juriste.

Année après année, j’ai vu comment l’absence de processus clairs, de rôles définis et de cadre objectif laissait toute la place au subjectif : affinités électives, rapports de force, clientélisme discret.

Quand rien n’est structuré, ce n’est plus la compétence qui tranche. C’est l’influence.

La valeur devient difficile à lire, à défendre, à reconnaître. Elle se dissout dans le bruit, les non-dits et les jeux d’ego. Ce n’est plus une question de posture individuelle, mais un problème profondément structurel.

De ce constat à mon rôle aujourd’hui

C’est précisément à cet endroit que s’est construit mon positionnement d’Office Business Manager.

Mon rôle n’est pas de faire “plus”. Ni de polir une image. Ni d’entrer dans un jeu de visibilité artificielle.

Mon rôle est de structurer.

Structurer les processus. Clarifier les rôles. Créer un cadre lisible où la valeur réelle peut enfin apparaître, se défendre et s’inscrire dans la durée.

Quand l’organisation est solide, la visibilité cesse d’être un artifice. Elle devient le reflet fidèle d’une performance réelle et pérenne.

2026 : miser sur la clarté, pas sur le bruit

En ce début d’année, la vraie question n’est pas de travailler plus, ni de faire plus de bruit, notamment sur les réseaux.

La vraie question est celle-ci : votre organisation permet-elle réellement de voir la valeur là où elle se crée ?

La croissance durable ne se construit pas sur des effets d’annonce, mais sur la clarté des fondations.

Et la solidité d’une entreprise ne se mesure pas à sa capacité à bien se présenter, mais à la robustesse de ce qui ne se voit pas immédiatement.

« Plus on est bon, plus on devient irremplaçable et par conséquent... statique. »